ATELIER PALÍMPSÊSTOS

genève

Ms 184, De Natura Rerum, IXe s.

Bibliothèque de Besançon

CONSERVATION ET RESTAURATION D’ARTS GRAPHIQUES, LIVRES ET PARCHEMINS

Le terme palímpsêstos désigne un manuscrit dont l’écriture originelle a été effacée et dont le support a été remployé afin de permettre l’écriture d’un nouveau texte. De cette façon, le support garde de manière latente la trace du texte d’origine et devient le témoin silencieux de ses prédécesseurs historiques. Initialement appliquée aux manuscrits sur papyrus, c’est au court du Moyen-âge, entre le VII et le XII siècle, que cette technique se diffuse largement. Pour des raisons économiques, dues à la carence du support sur lequel écrire, les copistes commencèrent à « désencrer » les manuscrits en parchemin en nettoyant, grattant et abrasant la surface à l’aide d’une pierre ponce.
De par sa nature stratigraphique, qui entremêle typologies textuelles et graphiques de différentes sortes, le terme palimpseste s’est étendu dans le domaine artistique, architectural, archéologique… à toutes les œuvres qui sont le produit d’une série de métamorphoses successives dans lesquelles il est toutefois possible d’entrevoir la trace des mémoires passées, toujours présentes et décisives dans l’identité de l’œuvre.
Représentant à la fois les concepts d’absence et de présence, de témoignage historique, de mutabilité, de mémoire, de temps arrêté-manipulé-dilaté, de transmission, le palimpseste renvoie ainsi au concept de conservation et restauration. Il représente la recherche, les notions de matières et d’images, de respect de la complexité historique que porte tout objet ou œuvre d’art et qui représentent la clé de voûte de notre travail.